Ce lâcher prise dont je fais preuve en ce moment n’ai pas celui où le mental dit « lâche prise », créant simultanément et paradoxalement une charge mentale supplémentaire. Il s’agit plutôt de celui de mon corps qui lâche la tension d’avoir tenu, contenu, soutenu pendant trop longtemps.

Expirer

Du coup, ce qui pourrait s’apparenter à une lassitude dépressive est en réalité un retour au mouvement naturel de l’expire. Ce mouvement naturel de repli qui succède à l’expansion. Ce fameux mouvement qui est bel et bien à laisser faire pour que s’installe la jachère. Devenue certes impopulaire aujourd’hui car improductive (au premier abord) elle reste néanmoins essentielle au cycle naturel vivant.

Après cette année 2018, entrée directement dans mon top 3 des plus puissantes dans la catégories bousculante, euphorique et pleine d’imprévue; j’ai largement aiguisé mes capacités à tenir, rebondir et agir en flux tendu. Un contexte qui rend d’autant plus long la descente dans cette décantation hivernale.

Et quand il est question de remettre le couvert tout neuf de 19, je peine. Je peine à reprendre ma respiration et me relever après cette trop courte semaine d’arrêt entre deux fêtes. Et bien que je sente profondément dans mes cellules, qu’il est l’heure de ralentir, de me poser, de me déposer; mes habitudes et mon mode automatique reprennent les rennes pour avancer malgré tout.

Je ne peux remplir ce qui est déjà plein.

Sauf que je ne peux remplir ce qui est déjà plein. Ce qui me rappelle mes nombreuses crises d’asthmes infantiles. Ces endroits où je manquais d’air parce que ma peur du manque créait un inspire trop actif et un expire trop court. Étouffement garanti. C’est lorsque on m’a appris gamin dans mes cours de respiration que pour calmer une crise il était capital d’avoir un expire des plus longs que j’ai saisi de nouveau l’équilibre naturel du cycle vivant et vertueux: celui qui fait sortir avant de faire entrer de nouveau.

Oser le vide

Oser vider complètement, accueillir le vide… une étape impopulaire et anxiogène, mais qui reste néanmoins capitale pour que le cycle suivant s’installe proprement.

De plus ce vide ne se remplira qu’ultérieurement dans la clarté et le calme si et seulement si il a été pleinement vécu pour ce qu’il est: l’espace entre ce que je connais et ce que je ne connais pas encore. C’est précisément LE travail de l’hiver.

Au moment où j’accepte le vide, il se remplit de la conscience que j’en ai

Tout passe.

De la même manière que le vide fait parti du cycle, le remplissage qui s’en suit aussi. Lorsque l’angoisse du rien pointe son nez ou même fait rage, rappelez vous que tout est passager. Une clé qui permet de ne plus fuire dans le passé ni le futur et vivre ainsi pleinement l’instant présent agréable ou pas. Vécu pleinement il prend toute sa place et évite de se le faire resservir par le Vie comme une assiette non finie représentée au petit déjeuner jusqu’à ce qu’elle soit vidée.